Un bâton de maréchal pour Castelnau

Alors que la polémique a pris des proportions démesurées à propos de la déclaration du Président de la république sur le maréchal Pétain, les héros eux restent dans le silence, oubliés dans la dignité de leurs cimetières. Les croix des morts pour la France restent d’impassibles témoins de ce monde où s’agitent les acteurs grotesques de ce cirque médiatique dont le chef de l’Etat a malencontreusement ouvert les portes.

Les médias, les politiques et les réseaux sociaux hurlent dans une polémique vaine alors que le recueillement s’imposerait. Pourtant pour sortir de cette commémoration gâchée et redonner de la grandeur à cette itinérance mémorielle qui se transforme en chemin de croix, il existe une action digne, juste et qui élèverait le niveau bien au-dessus de cette basse-cour cacophonique. Voici en effet le moment de réparer l’injustice faite au général de Castelnau qui pour des raisons politiques et idéologiques n’eut jamais les honneurs de la république et n’obtint jamais le bâton de maréchal qu’il méritait. Monsieur le Président,  sortez cette dignité de l’oubli pour l’accorder à titre posthume à ce général qui a bien mérité de la Patrie par son action au cours de la Grande Guerre et sa droiture tout au long de sa vie.

« Le capucin botté »

Après avoir combattu tout jeune officier durant la guerre de 1870, il entre à l’école de guerre en 1878.  Ses origines aristocratiques et sa réputation justifiée de catholique pratiquant retarderont ensuite sa carrière. Les élites républicaines voient d’un mauvais œil ces officiers dont elles soupçonnent un manque de fidélité au régime.  Il est toutefois nommé général grâce à l’intervention de Paul Doumer avec qui il partagera un douloureux point commun : celui de perdre plusieurs fils lors de la Grande Guerre. Le général perdra ainsi ses trois fils quand Paul Doumer verra quatre des siens tomber au front. C’est donc en général qu’il voit arriver août 1914 et les premiers mois terribles de ce conflit durant lesquels la France passe près de la défaite avant le miracle de la Marne. Une victoire peut-être impossible sans celle de Castelnau avec sa 2e armée lors de la bataille de la Trouée de charmes.

Biographie du général de Castelnau chez Bernard Giovanangeli Éditeur

Lors de la terrible année 1915 au cours de laquelle Joffre mène ses nombreuses offensives sanglantes comme celle en Champagne, lui s’oppose à ces décisions stratégiques. Il propose de tenter des opérations périphériques, moins coûteuses en hommes, dans les Balkans. Lors de la même année, il est promu adjoint de Joffre en tant que chef d’état-major général des armées. Le « Capucin botté » comme on l’appelle ne reçoit jamais le commandement en chef toutefois toujours pour des raisons politiques malgré la confiance et le respect qu’il inspire à bon nombre de représentants politiques qui doutent, à juste titre, du commandement de Joffre.

C’est lui qui prendra le commandement dans la zone de Verdun au début de la bataille qui s’ouvre le 21 février 1916. Son commandement énergique et sa vision stratégique sauvent la situation dans un moment désespéré. Il impose de tenir absolument la rive droite de la Meuse malgré un front enfoncé de toutes parts. Il nomme ensuite le général Pétain qui, comme on le sait, y obtiendra lui le maréchalat… En 1918, il commande encore une armée lors des offensives ultimes de la guerre.

Pourtant malgré ses états de service parmi les plus brillants d’un haut commandement parfois entaché par des décisions stratégiques funestes, il ne deviendra jamais un des huit maréchaux de la Grande Guerre que la France va porter au pinacle après le 11 novembre 1918. Injustice réelle d’autant plus qu’âgé de plus de 90 ans, le vieil homme aura encore une attitude irréprochable contrairement à Pétain durant le conflit suivant. Sans hésitation, il condamne la politique de collaboration et cache des armes dans sa cave pour la Résistance. Il s’éteint malheureusement au début de l’année 1944 et le vieux soldat n’aura pas la joie de voir le territoire de la France qu’il aura tant contribué à défendre être libéré.

Un parcours que le président de la République pourrait enfin récompenser en illustrant un grand soldat comme Pétain mais Castelnau, lui, sut jusqu’à la fin de sa vie rester fidèle à la France.

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